MARTIN

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beagle
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La Martin ou la première Seven homologuée par type en France.
Après une expérience très concluante et reconnue dans le domaine des cadres de motos depuis 1972, Georges Martin souhaite diversifier ses activités en se lançant dans la conception et la construction de répliques. Le modèle visé sera la Lotus Seven. Et si aujourd'hui les amateurs pensent avant tout à Caterham, c'est oublier un peu vite que c'est la Martin Seven qui fut la première Seven homologuée en France.
Georges Martin a créé son entreprise, Martin Production en 1972. Il se lance alors dans la production de cadre de motos. Son activité sera florissante et la demande croissante puisque Martin Production aura assemblé environ 5 000 cadres de motos. Les japonais finissants par faire des cadres « à la hauteur », la production baisse. Pour relancer son activité, George Martin se tourne tout naturellement vers l’automobile et quoi de plus proche d’un cadre moto que celui d’une Seven. George Martin va donc acheter une Donkervoort S8 à Tony Gillet, alors importateur de la marque pour la Belgique. Il va la démonter intégralement dans son atelier pour l'analyser et s'inspirer des éléments qui l'intéressent. Ce qui pourrait s'apparenter à un plagiat au départ, n'est qu'un processus déjà utilisé par Joop Donkervoort qui avait procédé de même pour créer sa première Donk'. Il était parti lui d'une… Caterham dont il était importateur jusqu'à ce que les normes d'homologation hollandaises deviennent impossibles pour les Caterham. L'objectif premier de George Martin, par rapport aux Donkervoort, sera de simplifier au maximum la conception et la réalisation afin de pouvoir la vendre en kit et surtout proposer un prix de vente, monté ou en kit, attractif. En 1986, Georges Martin réussi à faire homologuer sa Martin Seven par type à l'UTAC
On identifie immédiatement les Martin Seven à leurs jantes au dessin caractéristique qui reprend le même dessin que le " M " de Martin. Un simple arceau aux angles arrondis surplombe la tête des occupants, tandis qu'un coffre d'une contenance non négligeable permet d'emmener avec soi quelques menues affaires. Envisager des balades lointaines est donc possible avec la Martin, d'autant plus que c'était le but avoué de Georges Martin lui-même à l'époque : plus promenade vivifiante et dynamique sur petites routes que le sport pur et dur. Petit volant trois branches Moto-Lita et quelques interrupteurs Renault sont les seuls équipements à bord. Petit détail qui tue, le commodo de clignotants/phares/klaxon est lui aussi issu du catalogue Renault.
La Martin GM0 est homologuée avec le 1600cm3 type LSD. Ce moteur Ford plutôt rustique et de technique simple offre l'avantage d'une robustesse et d'une fiabilité qui étonne sur une auto artisanale. Bon certes, il ne fallait pas attendre de miracles non plus avec seulement 75 ch à 4 900 tr/mn bien que le poids de l'engin soit limité à 640 kg. Côté performances, Martin annonçait à l'époque 165 km/h et 7,7 secondes pour le 0 à 100 km/h. Si la vitesse de pointe semble plutôt réaliste, ce que lui permet ses rapports de pont et sa boîte de vitesses mécaniques à 4 rapports également provenant d'une Ford Sierra, les données d'accélération sur le 0 à 100 km/h sont largement optimistes. Nombreux sont ceux qui pour remédier à ces faibles performances ont monté alors un 2000cm3 accouplé à une boite 5 vitesses.
Le châssis est assemblé sur des marbres et constitué de treillis tubulaires en tube carré 25 x 25 de section. Ce châssis est étroitement dérivé de celui de la Donkervoort. Il est donc, comme sur sa cousine hollandaise nettement plus lourd et rigide que celui des Caterham. Cela se ressent bien évidemment sur la bascule puisque la Martin Seven accuse les 640 kilos (voir plus de 700 kilos pour la majorité). Les performances, surtout avec un moteur de seulement 75 ch s'en ressentent, mais côté rigidité, les Martin pourraient tirer leur épingle du jeu s'il n'y avait pas ce train avant mollasson. A double triangulation comme sur les Seven d'antan, mais sans barres anti-roulis et surtout intégralement repris des Triumph Spitfire, il sera le talon d'Achille des Martin. Ce train avant sera modifié dès la seconde série par l’adoption d’élément de Ford Sierra avec barre anti-roulis en option. Le pont arrière est rigide, à deux tirants par côté et barre Panhard. En revanche les Martin ne sont pas dotée de pont autobloquant.

Les Martin Seven sont des autos qui permettent d'accéder au mythe Seven sans passer par des budgets conséquents. Seulement connue des amateurs éclairés, bien que boudées à tort par les puristes qui ne jurent que par les Caterham et Donkervoort, les Martin s'offrent à vous à des tarifs très attractifs. Comptez environ 15 000 euros pour une Martin en état d'origine et en configuration standard. Ensuite, les tarifs peuvent grimper jusqu'à 20 ou 25 000 euros si l'auto convoitée est dotée d'une finition et présentation améliorée et spécifique et surtout si le châssis et le moteur ont été optimisés. Les Martin présentent l'avantage d'une mécanique Ford très fiable et dont les pièces se trouvent partout, notamment en Angleterre ou fleurissent bon nombre de spécialistes sur Ford. Moteur et boîtes provenaient de Ford Sierra d'occasion. En cas de soucis, l'approvisionnement pourra se faire également en rôdant dans les casses. Un bon point pour le budget d'entretien. A propos de fiabilité, les propriétaires de Martin jurent que leurs autos sont plus fiables à l'usage que les Caterham. Simple légende ou vérité, quoiqu'il en soit, les Martin doivent être considérées comme des répliques de Seven de qualité et abouties made in France…
CHRONOLOGIE
1972 : Établissement de Martin Production en Vendée aux Sables d'Olonnes.
1986 : Homologation de la Martin Seven S1 TTM GM0 à l'UTAC. Petites ailes avant et arrière, train avant de Triumph Spitfire et moteur Ford 1,6 litres de 75 ch.
Commercialisation de la Martin Seven S1 en kit ou livrée montée.
1991 : Commercialisation de la Martin Seven S2 : ailes avant et arrière plus aplaties, bouchon d'essence à l'extérieur du coffre, quelques éléments sont simplifiés.
1992 : Les futures normes " Euro-Code 3 " pour 1993, obligent Martin Production à passer à l'injection électronique et repasser à l'UTAC. En attendant, Martin Production va immatriculer un maximum d'autos pour pouvoir les vendre en configuration 1992 pour l'année suivante.
1993 : Commercialisation de la Martin Seven S3, équipée d'un moteur 1,8 litres Ford à injection et 16 soupapes. Capot avant plus plongeant. Ce modèle n'est pas homologué par type.
1995 : Georges Martin cède sa place à un nouveau gérant, Gérard Dequauville. Il reste cependant directeur technique.
1996 : La société Martin Production fait faillite et est mis en liquidation judiciaire. Environ 550 Martin Seven TTM GM0 seront produites montées ou en kit.

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"Faire aisément ce qui est difficile aux autres, voilà le talent ; faire ce qui est impossible au talent, voilà le génie. "
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